Diversité et inclusion: quand les mots et les images façonnent nos récits

Evénements| |écrit par Marilou|

Le 27 novembre dernier, au Studio Downtown à Genève, nous avons plongé ensemble dans un sujet qui touche autant à nos mots qu’à nos imaginaires : la diversité et l’inclusion dans la communication. Les apports de nos intervenants·es ont été riches d’enseignement! On les partage ici avec vous !

 

Ce soir-là, pour enrichir notre réflexion, trois intervenant·e·s aux univers complémentaires nous ont accompagné·e·s :

  • Nathan Saurer, du studio créatif 23Bis,
  • Valérie Vuille, de DécadréE, institut de recherche pour l’égalité dans les médias,
  • Amanda El Amin Senger, de Yojoa, association engagée pour l’inclusion des talents issus de la migration.

Un trio qui nous a permis d’aborder le sujet sous différents angles, sans jargon ni grand discours mais avec franchise, nuances et beaucoup de matière à réflexion. Parce que derrière les belles intentions se cachent des questions qui bousculent : comment s’assurer de toujours éviter les stéréotypes ? et comment avancer sans tomber dans le “faire semblant” ?

Dans cet article, on revient sur les idées fortes partagées lors de cette rencontre. Un sujet loin d’être anecdotique : il touche à la manière dont nous racontons le monde et aux représentations que nous contribuons, tous et toutes, à façonner. Alors, pour être au clair, repartons des bases.

 

Pourquoi parler de communication responsable ?

Parce que la communication n’est jamais neutre.
Qu’elle soit informative, commerciale, institutionnelle ou autre, elle dépasse toujours sa fonction première : elle installe des cadres de pensée, oriente nos imaginaires, influence nos comportements. C’est précisément pour cela qu’il est essentiel d’en prendre conscience.

Et si l’on souhaite que cette influence soit constructive, trois piliers deviennent indispensables :

  • Authenticité : dire vrai, sans artifices.
  • Inclusivité : intégrer toutes les voix, sans exclusion.
  • Diversité : refléter la richesse des identités et des expériences.

Les enjeux d’une communication responsable

Amanda El Amin Senger, Yojoa

 

Un enjeu sociétal

La communication a le pouvoir de façonner notre vision de la société. À travers nos choix d’images et de mots, nous pouvons soit renforcer les stéréotypes, soit contribuer à créer des narratifs plus justes, plus représentatifs, plus humains.
Mais le problème, c’est que notre cerveau adore les raccourcis ! Si toutes les publicités informatiques montrent uniquement des hommes blancs, il associera rapidement : informatique = hommes blancs. Un biais anodin en apparence, mais aux effets durables.

 

Un enjeu réputationnel

En 2026, ignorer la diversité n’est plus un oubli : c’est un risque.
Une marque qui s’engage dans une communication inclusive envoie un message clair : nous avons compris les enjeux, nous sommes partie prenante du changement. Résultat ? Une crédibilité renforcée, une marque employeur plus attractive et un avantage concurrentiel net.

Les générations Y et Z, très sensibles à ces questions, choisissent les entreprises alignées avec leurs valeurs. Une image inclusive n’est donc pas qu’une démarche éthique : c’est aussi un atout concurrentiel.
Un enjeu stratégique Communiquer de manière inclusive, c’est s’adresser à une société réellement diverse. Cela demande de comprendre qui sont nos publics, leurs attentes, leurs réalités, et de refléter cette pluralité dans nos messages autant sur le fond que sur la forme.

Et cela commence en interne : diversifier ses équipes, c’est multiplier les perspectives, la créativité, l’innovation. Les bénéfices sont concrets : décisions plus pertinentes, meilleure performance sociale, moins de turnover… et une image de marque qui respire la cohérence.

Images, stéréotypes et diversité: où en est-on?

Valérie Vuille, DécadréE

 

Une étude menée en 2020 montre des progrès… mais aussi des angles morts. Aujourd’hui, seules 15% des publicités restent ouvertement sexistes ou discriminantes. Ok. Mais moins bonne nouvelle : 26% demeurent stéréotypées. Et c’est précisément là que se joue la nuance : les stéréotypes sont plus discrets, mais tout aussi influents.

Par exemple :

  • Les hommes seniors sont souvent représentés comme actifs, confiants.
  • Les femmes seniors, elles, apparaissent davantage en retrait.

Rien de choquant au premier regard, mais une répétition qui installe des biais puissants dans l’inconscient collectif.

Ce qui est rassurant ? C’est qu’on peut faire autrement. Et on peut le faire bien. Les campagnes inclusives, lorsqu’elles sont pensées avec soin, sont souvent parmi les plus impactantes : plus riches, plus vraies, plus proches du réel.

Exemple de campagne sexiste

Exemple de campagne stéréotypée

Comment construire une communication qui a du sens?

Nathan Saurer, 23Bis

 

Une communication responsable ne s’improvise pas. Elle repose d’abord sur un écosystème solide : des experts·es, une compréhension fine des audiences, l’implication des clients·es, la collaboration entre équipes, une bonne lecture du contexte. Ce socle permet d’éviter les angles morts.

Pour structurer ce travail, Nathan Saurer nous a présenté le Double Diamond, un outil reconnu pour guider les processus créatifs :

  • Empathie : explorer, écouter, comprendre. Identifier les besoins réels, définir les priorités et les axes stratégiques.
  • Design : imaginer, prototyper, tester. Puis affiner pour aboutir à des supports cohérents, inclusifs et impactants.

Ce processus est essentiel : il transforme une intention en une communication percutante et qui fait sens.

 

 

Changer le narratif, ensemble

En bref, nous avançons dans la bonne direction, mais le chemin demande encore des prises de conscience, de la tolérance et surtout de la persévérance. Et soyons honnêtes : ce changement ne se fera pas en restant entre convaincus·es. Il faut ouvrir le dialogue, bousculer les habitudes et oser raconter autrement.

Cet événement, c’était notre petite graine pour nous aider collectivement à avancer sur ce chemin et on espère qu’il vous a plu!